Je le suis discrètement quelques minutes plus tard pour voir si ça va.
Il est assis sur une chaise au sous-sol et tremble de tous ses membres. Il ne réagit pas à mes paroles. J’appelle les pompiers et je cours ouvrir le portail.
Je redescends au sous-sol. GA est toujours en crise. Il est tombé à la renverse sur sa chaise. Il râle et tremble de tous ses membres, il a les yeux révulsés. Je garde mon calme malgré cette scène pénible. J’ai vu par le passé un de mes frères faire une crise d’épilepsie. Heureusement pour lui, après une opération à la clinique Saint Anne à Paris, tout est rentré dans l’ordre. Les causes n’étaient absolument pas les mêmes que GA.
Je relève GA avec du mal, il est lourd.
Je le maintiens, je lui parle. Il reprend ses esprits. Je l’aide à monter les marches du sous-sol au rez-de-chaussée pour aller aux toilettes. Trop tard, il a la diarrhée, il fait dans son pyjama.
Il est assis sur les toilettes quand les pompiers arrivent. Il s’enferme. Les pompiers me demandent un tournevis pour ouvrir la porte.
Ils lui prennent la tension, lui posent des questions. Ils le remmènent à l’hôpital à Elbeuf.
Je ne sais pas si c’est le manque d’alcool où le mélange des quelques verres de rosé que GA a bu avec les médicaments ?
J’appelle pour avoir des nouvelles aux urgences vers 8h20.
Le médecin de garde me dit qu’il s’agit bien de crises d’épilepsie dues au manque d’alcool, (passage de 4gr à 0 gr brusquement). Il a refait deux crises à l’hôpital. GA doit rester quelques jours sur place.
Sachant que mon mari était alcoolique avec 1530 gammas, je me demande encore pourquoi le médecin qui l’a déclaré « sortant » n’a-t-il pas anticipé ce problème de manque ??? même si il était venu pour une coupure au bras, au moins me prévenir, me mettre en garde sur ces risques là ou me proposer de le transférer dans le service adapté. Non ! rien !
Samedi 6 juin 12h30
Je vais aux urgences prendre des nouvelles sur place avec son dossier médical. Mon mari a passé un scanner pour vérifier s’il n’aurait pas pris un choc à la tête. Le scanner est normal.
Mon mari est calme, sous perfusion, il semble apaisé. Le médecin fait des photocopies de ses derniers résultats de prises de sang, IRM, échographie du foie.
On le transfère à l’unité 22, chambre 233, service neurologie. Je reste avec lui jusqu’à 16h30. Il est avec un homme de 60 ans qui n’a pas l’air très performant. Il ne parle pas, il dort. L’homme a un œdème au foie d’après son épouse que je rencontre dans le couloir le temps des soins. Son état fait peur, il est tout maigre avec un gros ventre. Mon mari commence à fatiguer et à redire des choses incohérentes. Il se croit à l’hôtel et veut une bière pression. Je vais lui acheter un sandwich, des friandises et des boissons fraîches. Il n’a pas faim, seulement soif.
Dimanche 7 juin 9h30
J’appelle le service pour avoir des nouvelles.
L’infirmière me dit qu’il a + ou – été calme cette nuit et qu’il tient des propos décalés + ou – incohérents ??? elle ne peut m’en dire plus par téléphone. Mon mari va être vu par un neurologue lundi 8 juin.
Je pars déjeuner avec lui à l’hôpital pour midi.
Quand j’arrive à la chambre de mon mari, 3 infirmières (ou) aides soignantes sont dans la chambre. GA crie :
- laissez-moi tranquille !
Une infirmière me dit :
il a arraché sa perfusion ! on est obligé de le contorsionner… (lui attacher les poignées sur le rebord du lit).
Je vois la sonnette de la chambre s’allumer. Deux autres personnes arrivent, ils sont 5 pour maîtriser GA !
Je rentre, il me reconnaît et me dit :
Bon ! ça suffit maintenant, on s’en va Coco !
l’autre con sous le lit n’arrête pas de me tenir les bras
tu vas te pousser de dessous mon matelas ! hurle-t-il !
mets-lui un coup de matraque !
Je suis désemparée. Je me sens impuissante.
De 12h à 15h30, il n’a cessé de gesticuler et de crier ce genre de choses. Mon frère Ronald et sa femme Karine passent le voir. Il les reconnaît mais se plaint de celui qui n’arrête pas de le faire chier sous le lit. Il voit des policiers arriver puis un homme avec un chapeau.
Ma sœur Claudette et Frank, son mari, passent le soir le voir. Elle me téléphone. GA lui a dit qu’il avait plein de boulot. Tout un tas de carton à plier derrière lui.
L’infirmière me dit que c’est l’état normal de quelqu’un qui est en sevrage, il va délirer encore 3 ou 4 jours.
Lundi 8 juin 2009
Je téléphone à l’hôpital vers 8h30. L’infirmière me dit que l’état est stationnaire, il est toujours attaché au lit.
Je pars à l’hôpital vers 13h30.
Je repars de l’hôpital vers 15h30. Choquée. Mon mari ressemble à « un légume ». Il est complètement déconnecté de la réalité. Il se croit dans un camion. Il a du mal à passer la 1ère. Il doit doubler sur la droite. Il demande à ma sœur Patricia sans la reconnaître de dégager le couloir, il ne peut plus passer. En fait, elle est debout au bout de son lit.
Je vais voir l’infirmière. Celle-ci me redit que son état est normal. Une personne en sevrage déraisonne pendant plusieurs jours. Je prends rendez-vous avec le neurologue qui l’a suivi mercredi 10 juin 2009 14h15. Je m’inquiète.
Mardi 9 juin 2009
Je prends des nouvelles de mon mari vers 8h30. L’infirmière me dit :
il est plus calme, moins agité mais n’a pas encore retrouvé sa tête.
Effectivement, je lui rends visite l’après-midi, il nous reconnaît ma sœur et moi mais a encore de curieux
propos.
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